La ville qui se préserve et qui accueille

Le congrès de la co-gouvernance de la ville s’est poursuivi avec d’autres témoignages, d’autres expériences de vie. Avec ceux qui viennent, ci-après, on pourrait dire que c’est la ville qui se préserve et qui accueille. La question de la corruption a été abordée et, aussi, celle du citoyen qui est étranger.

La ville qui se préserve et qui accueilleLa co-gouvernance n’est pas seulement de relever les défis qui répondent aux problèmes actuels, mais également d’emprunter des pistes pour la prévention des fléaux de la société tels que la corruption. Pour Adriana Cosseddu, professeure de droit à l’Université de Sassari (Italie), l’idée de la justice est de « repenser en premier lieu le ‘pourquoi’ de la règle et l’impact de chaque action illégale ou légale ». De cette manière, « l’engagement de chacun ne sera pas tant axé sur le contournement de la norme, comme cela arrive souvent, mais sur un comportement qui vise à dépasser l’intérêt individuel pour rechercher, plus loin, le bien de l’autre dont je deviens le constructeur ». « Mais – a-t-elle conclu – avons-nous le courage de renoncer, dans les situations les plus diverses, à un avantage personnel, face aux besoins, aujourd’hui d’un autre, demain de la communauté ? Je pense que commence ici la construction du ‘nous’ qui aimerait habiter dans nos villes et que, au sein de ces villes, un réseau de relations incarne la capacité de les renouveler ». La suite >

La capacité des citoyens à gérer les blessures des villes

À partir des deuxième et troisième jours de la conférence « Co-gouvernance, coresponsabilité dans les villes aujourd’hui », un nouveau concept de citoyenneté se dégage, fondé sur une participation déclinée dans tous les domaines de la vie urbaine : la capacité des citoyens à gérer les blessures des villes. La confiance et l’espoir étaient des mots récurrents, des perspectives à vivre, des valeurs à reconquérir.

La capacité des citoyens à gérer les blessures des villes« Dans certains quartiers de Medellin, il existe des populations très résilientes. Elles essaient de construire leur ville dans la ville, une ville dans la banlieue ». L’expérience pilote de la ville colombienne dans laquelle ils sont partis de quartiers nés de migrations forcées pour mettre en œuvre des projets urbains globaux est un type de planification urbaine. « Nous avons commencé à impliquer les citoyens à partir de projets, parce que les aménagements appartiennent aux citoyens », a expliqué Federico Restrepo. Il est ingénieur et ancien directeur de l’EPM de la ville colombienne. Et en ce qui concerne le problème de l’immigration, qui augmente également en Colombie depuis le Venezuela voisin, il a confirmé que la solution n’était pas de construire des murs : « Nous avons la responsabilité de construire des relations entre la ville et les régions environnantes, afin de résoudre ce problème social que notre société traverse ». La suite >

Le sens profond et mystérieux de la ville

Le congrès de la co-gouvernance pour la ville a débuté le jeudi 17 janvier 2019 par une table ronde, en introduction aux témoignages, rapports d’expérience et travaux de groupes de l’assemblée sous le titre suivant : le sens profond et mystérieux de la ville.

Le sens profond et mystérieux de la villePasquale Ferrara, ambassadeur d’Italie à Alger et maître de conférences en relations internationales à Rome (Italie) ouvre la conférence et interroge le sens de la ville : « Depuis toujours – explique-t-il – la ville répond aux besoins ancestraux de l’homme : la communauté et la solidarité ». Quand on lui demande pourquoi les villes ne doivent pas seulement regarder le local, mais aussi jouer un rôle dans les relations internationales, le politologue répond qu’il s’agit d’une évolution inévitable car les problèmes locaux ont maintenant des implications mondiales : de la pollution à la santé en passant par la sécurité, des changements climatiques au bien-être économique.

Le sens profond et mystérieux de la villeL’histoire de Jo Spiegel, maire de Kingersheim, commune de 13000 habitants située dans le Haut-Rhin (Mulhouse), témoigne du fait que les relations sont le ciment social par excellence et la pierre angulaire de la vie démocratique des villes. « L’aménagement de la ‘Maison de la Citoyenneté est une pierre importante pour la construction d’un écosystème démocratique participatif permanent. C’est un lieu ouvert à tous les citoyens, dédié aux pratiques démocratiques et à la planification des parcours de co-construction des projets de la ville. Le ‘conseil participatif réunissant citoyens, élus, experts et administrations du territoire, est un outil clé qui a permis de co-construire une quarantaine de projets pour la ville, en 10 ans. Pour que la ville devienne un véritable espace de transformation, la démocratie doit avoir un caractère fraternel, de proximité. Alors, le rôle des élus va également changer : ils vont devenir des bâtisseurs de relations ».

Le sens profond et mystérieux de la villeLa perte d’identité culturelle et la sécularisation sont les défis auxquels font face de nombreuses villes du monde, notamment les mégapoles asiatiques comme Séoul, la capitale coréenne. Sunggon Kim, ancien secrétaire général du Parlement coréen et président honoraire de la Conférence asiatique des religions pour la paix, résume la perte d’influence du confucianisme, pilier culturel sur lequel repose le système de valeurs de la nation : « Son influence a rapidement diminué ces dernières années en raison de la sécularisation. Jusqu’à présent, la péninsule coréenne a été victime de la guerre, mais elle pourrait renaître et devenir un lieu de paix à partir de Séoul. C’est de là que notre engagement doit repartir. Nous croyons en la ‘co-gouvernance’ de la ville : en la construction de sociétés réconciliées ».

 

D’autres comptes rendus, d’autres documents et des photos sont disponibles sur le site dédié à l’événement (en anglais et en italien)

Des Amériques à la Corée du Sud, de l’Afrique à l’Écosse

Des Amériques à la Corée du Sud, de l’Afrique à l’ÉcosseLe congrès de la co-gouvernance pour la ville s’est tenu. Environ 400 personnes y ont participé, venues d’une trentaine de pays des Amériques à la Corée du Sud, de l’Afrique à l’Écosse. Un remarquable réseau de traducteurs a permis d’entendre les différents intervenants dans sa langue.

De nombreux témoignages, de nombreuses expériences ont été données par des maires ou des adjoints, des experts ou des techniciens en urbanisme et en aménagement, par exemple. La pauvreté comme la corruption ont été abordées.

Le résultat des travaux est l’approbation et la signature du « Manifeste pour une nouvelle gouvernance » pour lequel les participants s’engagent à conquérir leurs communautés et leurs administrations publiques.
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Comment appréhender cette crise de société ?

Comment appréhender cette crise de société ?Nous nous sommes demandés : comment appréhender cette crise de société ? Une crise qui est apparue sans crier gare.

Un groupe s’est formé sur l’invitation de Frédéric pour échanger sur cette actualité. Le dialogue a eu lieu sous la forme d’une conversation par conférence téléphonique que permet maintenant la technologie. Contrainte ? Oui ! Cette forme fait appel à l’écoute, à la discipline, au respect des règles émises antérieurement ou au début de la séquence. Voici ce qui s’est dégagé de cet échange.

Tout d’abord, on peut dire que les points de vue, les sensibilités se sont exprimés. Les sept présents étaient motivés dès l’annonce de leur participation. Et les analyses étaient différentes :
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