Que retenir de la session des SSFUne vingtaine de membres du Mouvement Humanité Nouvelle ont participé et nous leur avons demandé que retenir de la session des SSF qui s’est tenu de vendredi à dimanche dernier, en ligne. Ils ont été près de la moitié à nous confier leur ressenti ; pas seulement pour dire que c’était bien, que c’était beau car certains l’ont écrit en une page.

Beaucoup vont peut-être trouver cet article long mais nous avons pensé qu’il était important de pouvoir lire toutes ces impressions. Nous suggérons de le lire en plusieurs fois.

Voici ce qu’ils nous ont écrit, à commencer par Christiane G. qui nous remémore tout le programme :

« Ces 3 jours sont toujours très riches et la visioconférence a été à la hauteur et si je n’ai pas eu d’échanges avec les participants cela a été très enrichissant et formateur comme toujours.
Joie aussi de se savoir un plus grand nombre d’Humanité Nouvelle que d’habitude, ensemble. Avec certains j’ai échangé par texto et par téléphone ensuite. Le choix de la visioconférence a permis à nos amis de la région Paca d’y participer, cette fois ci. »

Vendredi après-midi : deux tables rondes

« De l’exposé de Cynthia Fleury – philosophe et psychanalyste très présente dans les médias, un peu difficile à suivre, mais toujours passionnante – je retiens :

Face au déterminisme social il est bon de faire un pas de côté.

  • Les patients enlisés dans leur souffrance ont un chemin de possible. Chacun peut.
  • Moins il y a de confiance moins il y a d’engagement.
  • Le monde de “réification” fait que l’autre est un instrument, un objet et entraîne un système pervers, quantitatif et un monde fait d’injonctions et d’incertitude.
  • Le monde néo-libéral charrie une rationalité instrumentale, ce qui conduit au burn-out, à l’épuisement professionnel, et les individus basculent dans un système autoritaire qui annule l’engagement.

Table ronde très intéressante avec Véronique Fayet du Secours Catholique qui a insisté sur la culture de la rencontre et Éric Salobir, dominicain, : “quand on met de l’humain dans la technologie on est transformé en retour” ; Dominique Lang, assomptionniste, a aussi rappelé l’encyclique Laudato Si qui est une encyclique sociale et pas qu’écologique. »

Samedi matin : les ateliers

« À l’inscription, il y a 3 mois, j’avais choisi celui des solidarités internationales pensant au type de mise en commun des biens effectuée dans le Mouvement des Focolari sans regarder le sujet de l’atelier suffisamment. Je n’ai pas été déçue par c’était remarquable en grand groupe avec les interventions très concrètes de la DCC et surtout avec Valérie Régnier de Sant Egidio que nous connaissons par ailleurs avec Ensemble pour l’Europe.

Deux interventions intéressantes d’un chercheur du CNRS sur l’immigration légale en Europe et la révision des accords de Dublin, et l’accueil citoyen par un réseau existant en Europe : ANVITA, association nationale des villes accueillantes.

Les groupes de 6 : je n’ai pas bien réussi ni trop voulu les rejoindre et en deuxième partie de matinée et je me suis retrouvée avec 35 personnes dans la “salle” principale qui n’avaient pas retrouvé leur groupe de 6. Là on a entendu des expériences très intéressantes car les semainiers sont des gens déjà engagés sur le terrain.

Une phrase d’Andrea Riccardi : “Regarder vers les pauvres comme un collyre qui nettoie l’œil”.
Une autre conclusion : la fraternité universelle est une alternative au néo libéralisme et au populisme.
Dans les propositions d’engagement proposées :

  • soutenir les couloirs humanitaires de Sant Egidio
  • promouvoir l’encyclique Fratelli tutti
  • ne pas abandonner les engagements de la France en matière de développement des pays pauvres. »

Dimanche matin : deux tables rondes

« Quelles missions politiques pour refaire société ? Des politiques de terrain : François Garay, maire des Mureaux, Marie-Guite Dufay présidente de la région Bourgogne Franche-Comté et Alice le Moal adjointe de Clichy. Une table ronde très dynamique de par l’engagement de ces 3 intervenants sur le terrain avec des faits très concrets et inspirants.

La table ronde suivante sur l’apport des religions a été un peu trop consensuelle et j’ai surtout apprécié Rachid Benzine, islamologue, qui a beaucoup insisté sur le dialogue de la vie entre les religions. »

Dimanche après-midi : une table ronde et la conclusion par la présidente

« Quelle vie économique demain et quelle vie tout court ? Intervention passionnante de Elizabeth Ducottet chef d’entreprise d’un groupe de matériel médical représentante des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Et, aussi, de Bertrand Badré ancien membre des SSF avec un parcours de haut niveau et des expériences de terrain dans les pays pauvres comme le Venezuela. Avec Sven Giegold, député allemand au Parlement européen.

La présidente, Dominique Quinio, a conclut avec une parole du pape François : “L’espérance est audace”. »

Jean-Marc C. s’est également exprimé dans un texte un peu plus court dont nous retiendrons plus spécialement :

« Dans une société fragmentée, éclatée, fracturée, l’engagement est-il encore possible ? Après un questionnement philosophique et avec le ressourcement avec la Parole (fil rouge théologique), les témoignages de quelques personnes engagées dans différentes organisations ont montré combien l’implication sociale, économique, politique ou environnementale au niveau individuel et collectif était possible, utile et faisait sens.
Personnellement, comme beaucoup de “semainiers”, étant déjà engagé à plein temps, je ne vois pas comment prendre un engagement supplémentaire pour combattre la pauvreté, soutenir les enseignants ou aider à la parentalité. Par contre, je peux essayer de mettre en œuvre une recommandation partagée par les trois personnalités juive, musulmane et catholique de la seconde table ronde du dimanche : tisser des liens fraternels avec des personnes ou des familles différentes, qui pourraient être tentées par la ghettoïsation. N’est-ce pas ce que nous avons commencé à vivre à Nanterre ? Cette session des Semaines Sociales de France m’aide à prendre conscience de l’ampleur des besoins d’unité dans notre pays et de la petitesse de nos actions et de notre impact. Invitation donc à l’audace et à l’humilité, mais aussi à rendre grâce pour le charisme de l’unité selon Chiara Lubich particulièrement adapté aux temps que nous vivons. »

De Marie-Cécile C. :

« J’ai apprécié la conférence de Cynthia Fleury et surtout l’intervention de Véronique Fayet présidente de Caritas France le 1er jour… Je n’ai pas pu participer aux ateliers du samedi et je le regrette beaucoup. Le dimanche matin, je devais récupérer des chèques services du Secours Catholique Caritas France pour les remettre à des familles en grandes difficultés du fait du confinement…
Nous étions plusieurs de la région PACA à être inscrites d’autant plus que nous avions décalé une visioconférence pour donner la possibilité de participer à la session des Semaines Sociales… »

De Christine E. de PACA, justement :

« Rencontre très riche, intervenants très intéressants et qualifiés, technique impeccable.
Regard positif sur notre avenir commun : personne n’est jamais inutile, chacun peut faire quelque chose, mais faire ensemble. Face à tous les blocs, ilots, fractures…, aller vers ceux qui sont différents, ne pensent pas comme nous, dialoguer, réfléchir, créer de l’amitié (« manger ensemble »), agir ensemble (coopération avec tous les acteurs, y compris l’État qui ne doit pas diriger d’en haut mais avec nous acteurs).
Les fils d’or théologiques toujours très riches redonnant le sens de ce que nous avons à vivre.
Il y aurait beaucoup à dire mais voilà ce qui me vient. Avec ce mot de la fin du pape François : “L’espérance est audace”. »

De Isaline D. de PACA, aussi :

« Je n’ai pas pu suivre l’après-midi du dimanche ? Je vous livre, un peu “à chaud” mes réactions.
C’était la première fois que je participais aux Semaines Sociales.

J’ai trouvé que c’était une formidable occasion de s’informer et de se “former” en découvrant des spécialistes, des professionnels, pointus dans leur domaine de compétence. J’ai senti un véritable désir de leur part de partager leurs savoirs autant que leurs inquiétudes.
Bravo pour la représentativité très “large” des intervenants.
Les moments que j’ai le plus goûtés :

  • L‘intervention inaugurale de Cynthia Fleury – femme brillante et pleine d’empathie, nous la connaissons tous mais dans ce contexte des Semaines Sociales, elle semblait vraiment à sa place – et les intervenants du fil rouge théologique de dimanche matin.
  • J’ai aussi aimé la pasteure Agnès Von Kirchbach qui avait une dimension spirituelle particulière : relier les épreuves du passé lorsque tout s’effondre (Esdras et Néhémie) et comment trouver la force de reconstruire.
  • Une référence transversale a été celle de la nouvelle encyclique du pape François : Fratelli tutti ! Beaucoup l’ont mise en avant comme une feuille de route !

Les phrases citées par les intervenants ont mis en relief l’engagement en profondeur de ce pape.
On sent le Christianisme “incarné” et cela donne la pêche.

Une petite réserve : j’ai voulu m’inscrire dans l’atelier “écologie” et il n’y avait plus de place ; j’ai dû choisir par défaut (je comprends bien qu’il est difficile de dispatcher les personnes quand le nombre est très élevé) mais j’avais beaucoup de choses à partager dans l’atelier.
Un domaine manquait : celui de la place de l’art et la culture, qui peut aussi agir dans le grand domaine des solidarités.

Bravo aux organisateurs ! Et merci à Hombeline G. d’avoir relayé cet événement. J’ai dit aux amis de la région Paca qu’il était préférable d’annuler notre réunion pour participer à cet événement et je crois que beaucoup l’ont fait. »

Et Michel E. :

« Je vais regarder le replay de Cyntia Fleury que j’ai raté à cause du problème de réception du début, mais tout le reste n’a posé aucun problème technique. Chapeau !
J’ai beaucoup apprécié l’ensemble. Pas de grandes révélations, mais surtout j’ai reçu de la part de beaucoup des invitations à poursuivre, particulièrement dans mes domaines “familiers” : le social et le religieux ; humblement (le mot est ressorti souvent) personnellement et collectivement.
Dans les autres domaines j’étais très heureux de voir des témoins humbles et courageux, solides. Pas de leçons,de sermons, de propos spéculatifs qui amènent souvent au “faut qu’on ou yaka” et en définitive au découragement, mais au contraire des propositions d’actions possibles même si elles sont petites ou peuvent paraître futiles (du bonjour au sdf de Véronique Fayet au “manger ensemble” de Rachid Benzine.
Un mot encore sur les ateliers : j’avais choisi “le travail” souvent préoccupé que je suis par les problèmes d’insertion, de marginalité, d’échecs rencontrés par beaucoup et découragé souvent par des acteurs qui baissent les bras. Là encore pas de révélation mais de bonnes nouvelles (extension des “territoires 0 chômeurs” en France, encore des acteurs qui essaient, des énergies qui se rencontrent et qui donnent envie de poursuivre. Un très bel exposé de Jacques Le Goff pour prendre un peu de hauteur sur la valeur du travail, des petits groupes assez dynamisants (un peu courts en durée)
En conclusion : que du bon et peut être une façon un peu neuve de voir “Humanité Nouvelle” ; plus simple, plus “familiale” comme dirait Didier P. Merci de l’invitation aux SSF ! »

Puis Thérèse T. :

« C’est la première fois que je participe aux Semaines Sociales et j’ai eu envie de m’inscrire car elles avaient lieu en ligne. En tant que membre d’Humanité Nouvelle, je me sentais interpellée par le fait qu’il est important que je m’informe de ce qui se vit au niveau social, écologique, économique dans le milieu chrétien en France.
J’ai tout suivi et j’ai été très interpellée par les témoignages, les réponses aux questions lors des tables rondes, ainsi que par le fil rouge théologique. Je me suis sentie encouragée dans ma vie de chrétienne car les intervenants étaient très positifs, enthousiastes et à la fois humbles. J’ai beaucoup apprécié le fait que beaucoup d’entre eux insistaient sur l’importance du dialogue et de la richesse des différences. Il en est ressorti que l’engagement n’est pas une question d’heures que l’on passe mais d’engagement personnel avant tout, chacun comme il peut. Si chacun fait sa part, à un moment donné un évènement important pour la société peut se déclencher, sans oublier que c’est Dieu qui est à l’œuvre grâce à nous, avec nous, auprès de nous. »

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