Mon épouse vient de m’offrir un livre pour mon anniversaire : « Tiens ! Edgar Morin écrit sur la fraternité ». J’ai toujours été attiré par les écrits sur l’idéal de fraternité, qui sont source d’inspiration.

Edgar Morin écrit sur la fraternitéEdgar Morin vient de publier un petit livre de 50 pages : La fraternité, pourquoi ? (Éditions Actes Sud – Juin 2019). Voici ce qui est écrit sur la quatrième de couverture :

« Liberté, égalité, fraternité » ces trois termes sont complémentaires, mais ils ne s’intègrent pas automatiquement les uns aux autres : la liberté, surtout économique, tend à détruire l’égalité ; imposer l’égalité est une atteinte à la liberté. Donc le problème est de savoir les combiner. On peut édicter des lois qui assurent la liberté ou qui imposent l’égalité, mais on ne peut imposer la fraternité par la loi. Elle doit venir de nous. Il nous faut associer et combiner liberté et égalité, quitte à faire des compromis entre ces deux termes, et susciter, éveiller ou réveiller la fraternité.

La reconnaissance de notre humanité commune et le respect de ses différences sont les bases sur lesquelles pourrait se développer la fraternité entre tous les humains face à notre destin commun dans une aventure commune.

Ce sont dans des oasis, lieux d’une économie solidaire, de dépollution et de détoxification des vies, lieux de vie meilleure que nous pourrons imaginer des lieux de solidarité. Nous devons créer des îlots de vie autre, nous devons les multiplier. Si la régression se poursuit, ils seront des lieux de résistance fraternelle. Et si apparaissent les lueurs d’une aurore, ils seront les points de départ d’une fraternité plus généralisée dans une civilisation réformée.

Edgar Marin est sociologue et philosophe, directeur de recherche émérite au CNRS, président de l’Association pour la pensée complexe. Conscience de l’époque, lanceur d’alertes planétaire, il n’a de cesse d’attirer l’attention du siècle sur les dérives de la mondialisation et les perversions d’un système soumis au diktat de la croissance.

En caractères gras, il écrit (les seuls du livre) : « Comme tout ce qui ne se régénère pas dégénère, la fraternité qui ne se régénère pas sans cesse dégénère. Aussi le parti de la fraternité est-il bien le parti en régénération permanente d’Éros contre Thanatos« . Il fait référence à une notion développée précédemment : « Ainsi donc, à sa façon, la vie obéit à la relation indissoluble entre Concorde et Discorde, que nous pourrions aussi nommer relation indissoluble entre Eros, qui cherche toujours à unir, Polemos, qui cherche toujours à opposer et Thanatos, qui cherche toujours à détruire. »

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