Comment appréhender cette crise de société ?Nous nous sommes demandés : comment appréhender cette crise de société ? Une crise qui est apparue sans crier gare.

Un groupe s’est formé sur l’invitation de Frédéric pour échanger sur cette actualité. Le dialogue a eu lieu sous la forme d’une conversation par conférence téléphonique que permet maintenant la technologie. Contrainte ? Oui ! Cette forme fait appel à l’écoute, à la discipline, au respect des règles émises antérieurement ou au début de la séquence. Voici ce qui s’est dégagé de cet échange.

Tout d’abord, on peut dire que les points de vue, les sensibilités se sont exprimés. Les sept présents étaient motivés dès l’annonce de leur participation. Et les analyses étaient différentes :

  • L’accord du groupe s’est fait sur la réprobation de la violence et la reconnaissance de groupuscules qui profitent de la revendication ;
  • Plusieurs ont regardé avec attention la souffrance exprimée par de nombreux « gilets jaunes » de ne pas être « reconnus » dans leur situation ;
  • Des mères seules, des personnes en grande précarité ont été vues sur les « ronds-points » ; plusieurs d’entre-nous ont pensé – et certains ont entendu – qu’un besoin de convivialité, de socialisation, de fraternité était exprimé ; une du groupe s’inquiète de la situation des mères seules « qui a des conséquences désastreuses pour elles et leurs enfants et provient du ‘détricotage familial‘ auquel ni la société ni les pouvoirs publics ne s’opposent » ;
  • Le déficit de dialogue entre les individus, entre les individus et les corps intermédiaires est apparu clairement ;
  • L’initiative de l’Association des Maires Ruraux de mettre en place des cahiers de délibération a été remarquée ;
  • Un qui a une longue pratique syndicale derrière lui – même en tant que retraité – a remarqué l’inorganisation, voire le refus de toute mise en place d’organisation de coordination qui structure ; il soulignait la misère et la pauvreté d’une fraction de la population qui était mise de côté « par un gouvernement trop sûr de lui » ;
  • Un autre, ayant enseigné l’économie, souhaitait placer l’analyse sur le plan de l’économie et des conséquences des mesures accordées sur le déjà trop important déficit des comptes de la nation, déficit qui pèsera encore plus lourd sur les générations à venir ;
  • Sensible à la justesse de l’information due à sa profession de journaliste, une a remarqué le nombre important de contre-vérités et d’erreurs proclamées depuis les « ronds-points », provenant d’un grand déficit de formation politique et sociale et d’instruction civique ;
  • Faisant une analyse sur un temps long, un avait observé qu’en provoquant l’alternance et les cohabitations, les électeurs avaient envoyé un message aux élus : celui de moins penser à leur réélection et plus à gouverner ensemble pour le bien commun, dans le respect de leurs différences ;
  • Il a été remarqué que la défense de la planète ne faisait pas partie des revendications de cette révolte.

Comment appréhender cette crise de société ?

La volonté d’Humanité Nouvelle a toujours été de participer à la vie publique, à la vie de la cité et jamais de se substituer aux partis. Elle a toujours été de promouvoir la fraternité comme moyen de dialogue, comme pont entre les personnes d’un même groupe, d’une même communauté, d’un même pays, voire, d’un même continent ou de la planète.

Devant la diversité des revendications, les exaspérations exprimées, il nous est apparu que la tâche n’est pas simple. Dans un premier temps, trois pistes sont proposées à la communauté des membres se réclamant d’Humanité Nouvelle pour se mettre au service des citoyens :

  1. Formation des citoyens : demander aux médias – et d’abord aux chaines de télévision – de concevoir des émissions de formation des citoyens sur les principaux sujets du débat : institutions, fiscalité, budget de la nation, etc. ;
  2. Approfondir les questions économiques : aller plus loin sur les conséquences des décisions récentes sur l’alourdissement de la dette nationale ;
  3. Cahiers de doléances et grand débat national : localement, se mettre à la disposition des personnes qui voudraient exprimer des revendications, des souhaits, des idées et qui ont des difficultés à les formuler pour que notre communauté nationale soit plus ouverte et plus fraternelle. Ceci répond à la proposition du conseil des évêques de France dont vous pouvez prendre connaissance ici. Les modalités pour participer au grand débat national sont à découvrir ici.

Pour rejoindre ces trois groupes, pour en proposer d’autres, écrivez à humanite.nouvelle@focolari.fr.

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